Back to bouclettes : ma transition capillaire

« Maman, pourquoi ils sont toujours attachés tes cheveux ? » Cette phrase prononcée par mon fils qui avait 4 ans à l’époque a amorcé un changement en moi. Lui, si fier de ses belles boucles qui ne lui valent que des compliments, se demandait pourquoi sa maman n’assumait pas ses cheveux frisés. Un jour je les ai détaché pour lui faire plaisir et il m’a dit « Wow ! Ils sont trop beaux tes cheveux ». J’ai immortalisé l’instant avec une photo. Cette photo, c’était le début d’un retour aux sources après plus de 20 ans à rejeter mon héritage capillaire. Je m’attendais à une épreuve longue et difficile, ça a été tout le contraire. En quelques jours et gestes simples, j’allais découvrir que ma crinière pouvait être domptée et surtout que je pouvais l’aimer comme elle est.

La racine

Enfant, j’ai eu les cheveux coupés très courts, puis coiffés en petit pompoms de chaque côté de ma tête et quand ils furent un peu plus longs, avec des tresses. Des coiffures mignonnes pour une petite fille métissée. Mais quand on arrive à un certain âge, elles deviennent difficiles à assumer à l’école et devant les copines.

Vers 11-12 ans, j’ai demandé à ma mère de me lisser les cheveux. Pourquoi ? Déjà parce que je voulais pouvoir les coiffer toute seule et les coiffer autrement qu’avec des tresses. Ensuite parce que mes héroïnes avait toutes les cheveux lisses.

Je rêvais de pouvoir laisser mes cheveux flotter au vent avec grâce comme Pocahontas.

J’étais aussi fan des Spice Girls à cette époque mais forcément ma préférée ce n’était pas Mel B. mais plutôt Emma. Oui la blonde aux yeux bleus avec des cheveux raides comme des baguettes… Tout a fait moi quoi !

Je ne jouais plus aux Barbie quand j’ai commencé à me défriser les cheveux mais je garde un souvenir de poupées blondes aux yeux bleus avec des chevelures bien lisses qui leur arrivaient jusqu’au fesses. Tout le contraire de moi.

Il faut dire que « moi » je n’étais pas trop « représentée » à l’époque. On trouvait 10.000 blondes aux cheveux lisses dans les magasins de jouets mais très peu de métisses aux cheveux frisés. Et ce manque de diversité s’appliquait à bien d’autres petites filles. Dans les 90’s il fallait être blonde et très mince pour être belle. Du moins c’était ma perception de pré-ado du monde qui m’entourait. Et certains commentaires indélicats de mes camarades d’école n’étaient pas fait pour arranger les choses.

La longueur

2000 a sonné et là mes cheveux ont commencé à bugger – bug de l’an 2000 vous saisissez… Ou vous êtes trop jeunes… OK je sors… Bref, début XXIème, un petit lot de « filles qui changent » arrivent sur le devant de la scène. Les Destiny’s Child, Rihanna, Brandy… elles me ressemblent plus que les Britney, les Kylie (Minogue pas Jenner) et autres Christina.

Mais ! Il y avait forcément un « mais »… Elles ont les cheveux lisses bordel !!! Défrisages, perruques, extensions, que sais-je. Tout ce que je vois ce sont des filles qui me ressemblent mais qui apparemment, ont les mêmes complexes capillaires que moi. Dur-dur dans ce contexte de trouver un moyen de s’identifier en tant qu’ado métissée.

Et là, c’est le drame. D’une j’ai poursuivi les défrisages et les brushings, mais j’ai également investi dans un lisseur et je suis allée jusqu’à me faire décolorer les cheveux pour avoir des mèches blondes. Le coiffeur était toujours impressionnée par la rapidité à laquelle mes cheveux décoloraient. Haha, normal ils était cramés jusqu’à la moelle ! Je me suis retrouvée avec des cheveux tout plats, ternes, secs, bref à l’agonie… Mais j’avais plus confiance en moi avec mon tas de paille sur la tête qu’avec mes frisettes.

La pointe

Un lundi d’août 2012, je me suis prise un coup de massue. Après avoir fait mon shampoing, je me suis démêlée les cheveux et j’ai constaté à quel point ma brosse était encombrée de mèches cassées. Je les ai toute récupéré et je les ai posé sur un coin du lavabo. Le tas de cheveux tombés de ma tête était presque aussi gros que mon poing.

J’investissais dans des shampoings soi-disant « réparateurs » aux compositions douteuses qui ne servaient vraisemblablement à rien. Et tous les 3 mois je cramais mes cheveux (et parfois même mon cuir chevelu) avec d’autres produits agressifs et cancérigènes. J’allais me marier à MrLeg0 l’année suivante et le projet bébé pointait le bout de son nez. Je ne me voyais pas continuer à consommer des produits si nocifs une fois enceinte.

C’est ce 6 août 2012 que j’ai pour de bon arrêté de défriser chimiquement mes cheveux. Je m’en souviens car j’avais fait un post Facebook à l’époque (oui en 2012 j’allais sur Facebook) pour l’annoncer au monde entier (ou à ma cinquantaine de Facebook friends plutôt). Peut-être pour me convaincre moi-même que c’était la bonne décision. En y repensant aujourd’hui, c’était clairement la bonne décision et mon premier pas vers un retour au naturel.

La transition – Part 1

En 2012, suite à ma décision de stopper définitivement les défrisages, je me suis rendue sur YouTube pour trouver des vidéos inspirantes de cheveux naturels. Des crinières toutes plus belles les unes que les autres, ça faisait rêver. Mais je me posais des questions : « comment je vais faire avec ma serpillière sur la tête pour revenir à une crinière comme celles-ci ? ».

J’ai cherché des articles de blogs, des vidéos tuto, des conseils à droite à gauche… Tout me paraissait compliqué et insurmontable. Et souvent les blogs qui parlaient de transition capillaire et de retour au naturel étaient des blogs américains. Je suis bilingue, donc ce n’est pas la barrière de la langue qui m’a freiné, mais plutôt le marché français de produits pour cheveux secs et frisés.

Je n’avais pas les moyens de dépenser des fortunes pour faire venir des produits des USA. Et je n’avais pas envie d’investir dans des marques que j’utilisais déjà lorsque je défrisais mes cheveux et qui m’avaient mené là où j’en étais à cette époque. Par ignorance (et sans doute aussi par flemme) je me suis contentée des produits de grandes surfaces types L’Oréal, Garnier et autres Fructis, pas du tout adapté à mon type de cheveux, mais bon, je n’avais que ça sous la main.

La double texture (cheveux frisés à la racine et pointes défrisées) a été un enfer à gérer. Je trouvais mes cheveux immondes. Si bien que j’ai continué d’utiliser le lisseur pour pouvoir me coiffer décemment. Les shampoings que j’utilisais n’arrangeaient rien. Et quand je démêlais mes cheveux, je les perdais par poignée, autant voir plus que quand je les défrisais. J’avais entendu parler du « big chop » qui consistait à couper les parties défrisés du cheveux pour ne garder que les repousses naturelles. Moi qui n’avait rêvé toute ma vie que de cheveux longs, je ne pouvais me résoudre à sauter le pas, même si ça aurait sans doute été la meilleure des solutions.

Je vous avoue qu’à ce moment-là, je suis passé par un moment de désespoir capillaire. Je me suis dit « à quoi bon, défrisage ou pas, mes cheveux sont juste moches en fait ». J’ai failli retomber dans la marmite défrisage mais j’ai finalement tenu le coup. Par contre, j’ai commencé une nouvelle routine qui allait me coûter cher. Pour ne pas avoir à « subir » mes cheveux au quotidien, je les ai puni d’être aussi laids. Je les ai tiré, serré, enfermé dans un chignon tout petit riquiqui qui est devenu mon unique coiffure durant de nombreuses années.

La transition – Part 2

En 2014, je suis devenue maman et les choses ont commencé à cheminer en mois d’une manière différente. J’ai été hospitalisée durant 2 semaines après la naissance de MiniLeg0 car j’ai eu une maladie très rare et très grave. Outre cette maladie qui a failli nous coûter la vie, quand je suis enfin revenue à la maison avec mon bébé, j’ai passé une bonne heure à démêler ma tignasse dont je n’avais pas pu m’occuper pendant presque 15 jours – je vous vois venir d’ici, 15 jours sans shampoing, c’est pas grave pour des cheveux très frisés ou crépus, ils sont tellement secs que je crois qu’il nous faudrait 1 mois sans shampoing pour qu’ils graissent.

Bref, 1 heure à souffrir de tirer dans des nœuds indémêlables. Après ce genre de séances brossage, on a mal au crâne, les larmes aux yeux et on regarde les touffes de cheveux qui tombent avec un désespoir profond. Je me disais qu’il devait y avoir un autre moyen mais je ne voyais pas lequel. Et puis je regardais MiniLeg0 et je me disais « Pourvu qu’il n’est pas les mêmes cheveux que moi. Comment je vais faire ? ».

Effectivement, il n’a pas eu les mêmes cheveux que moi. Ouf ! Son papa étant caucasien avec des cheveux très raides, MiniLeg0 s’est retrouvé avec de jolies bouclettes douces et brillantes et pas les mêmes frisettes indomptables de maman. On a sans cesse envie de passer la main dans ses beaux cheveux. Et puis Garnier avait sorti une gamme pour cheveux frisés peu de temps avant ou après sa naissance, je ne sais plus, du coup on a commencé à utiliser ces produits pour nos cheveux.

Les années passent, MiniLeg0 grandit et commencent à parler de ses cheveux. Il dit souvent « mes boucles elles sont belles. ». Et quand on va chez le coiffeur il prévient « Je veux pas qu’on enlève mes boucles ». Un jour il m’a même sorti « Maman passe ta main dans mes cheveux ». Et quand je lui ai demandé pourquoi il m’a répondu « Parce qu’ils sont trop beaux ».

En 2017, j’ouvre un compte Instagram pour y documenter la construction de notre maison. Les mois passants, je commence à y parler décoration, puis vie de maman, et plein d’autres choses… Une question qui revient souvent chez mes abonnés lorsqu’ils me voient en story c’est « Pourquoi tu t’attaches toujours les cheveux ? ». Ma réponse : « Parce qu’ils sont moches ». C’est vraiment ce que je ressens, ce n’est pas une blague, je les déteste et je ne pourrais jamais avoir de beaux cheveux.

Les mois passent, les questions reviennent souvent sur Instagram au sujet de mes cheveux et MiniLeg0 commence également à m’en poser. Et nous en arrivons à cette fameuse photo citée en début d’article qui a tout changé…

Cette fois c’est la bonne

Avril 2020, suite à la publication de ma photo sur Instagram, je décide enfin à m’intéresser aux bons produits, aux beaux gestes, aux bonnes habitudes à prendre pour une transition capillaire en bonne et due forme. Pas besoin de « big chop ». Après des années à maltraiter mes cheveux, à les coiffer en chignon et à les démêler à sec (à ne jamais faire surtout !) les pointes défrisées ont fini par casser. Il ne me reste que des cheveux naturels, certes en mauvais état, mais ils sont là.

Sur les conseils de mes abonnés, je passe par le site de La Belle Boucle pour trouver des produits ayant une composition la plus naturelle possible. Attention, je ne dis pas qu’ils sont 100% bio, éco-responsables etc. mais ils sont plus proches de mes attentes que certains produits de grandes surfaces.

Je commence également à regarder des vidéos YouTube pour apprendre les bons gestes et les bonnes habitudes pour prendre soin de ses cheveux. Parmi mes vlogueuses préférées Essobélé, FJ Beauty et La Petite Gaby.

Et en seulement quelques semaines, le changement s’amorce…

Et aujourd’hui, 2 mois après avoir commencé à prendre soin de mes cheveux…

Back to bouclettes

Je tente, je fais des erreurs, je m’intéresse, j’apprends et au bout du compte, les premières boucles commencent à apparaître… Aujourd’hui j’ai établi ma routine capillaire et je m’y tiens même si ce n’est que le début et qu’elle viendra sans doute à évoluer. Dans la vidéo ci-dessous, je vous explique comment je m’y prends et quels produits j’utilisent.

Avant de vous laisser avec cette vidéo explicative, je tiens à insister sur un dernier point : acceptez-vous ! C’est souvent difficile d’accepter ce qu’on est (grand, petit, maigre, gros, cheveux frisés, cheveux lisses, etc…) quand on n’entre pas dans le moule qu’a créé la société. Aujourd’hui j’accepte mes cheveux, je les respecte pour ceux qu’ils sont et ils me le rendent avec de jolies mèches brillantes. Acceptez-vous tels que vous êtes, vous en brillerez d’autant plus. On veut toujours ce qu’à l’autre sans se rendre compte que ce qu’on a déjà est un don. Merci maman et papa, je vais porter ma crinière haute et fière.

6 commentaires sur “Back to bouclettes : ma transition capillaire

  1. La photo de toi avec tes parents est vraiment belle ! Être métisse n’est certainement pas facile à vivre mais par contre le mélange obtenu est rarement moche ! Tu es une belle femme métisse aux cheveux frisés … ceux qui disent le contraire sont forcément jaloux 👩🏽‍🦱

    Aimé par 1 personne

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